Le
projet que l'on veut nous faire avaler est appelé à
transformer insidieusement notre régime politique : à
terme, ce sera un régime fondé moins sur les institutions
émanant du suffrage universel (le parlement européen
et les parlements nationaux), que sur des instances relevant essentiellement
des pouvoirs exécutifs et des structures technocratiques,
hypertrophiées dans la nouvelle Constitution (la Commission,
le Conseil des ministres, le Conseil européen, la Banque
centrale...). «L'essentiel de ses composantes ne sont pas
soumises au contrôle ni à la sanction du seul organe
élu au suffrage universel, le parlement. Seule la Commission
peut être sanctionnée par le parlement et encore,
seulement collégialement et dans le cas d'une mauvaise
gestion, pas sur le contenu de sa politique.»
Un
simple traité peut-il vraiment instaurer une Constitution?
«Déjà le titre même de ce texte est
une absurdité sémantique qui relève d'une
supercherie à l'égard des peuples ("Traité
établissant une Constitution").» En réalité,
ce projet se donne seulement la forme d'un Traité, pouvant
ainsi être adopté à une majorité simple
dans les assemblées parlementaires, mais instaure un instrument
juridique requérant normalement pour son établissement
une assemblée constituante!
Une
procédure en rupture avec les avancées démocratiques
Ainsi, «nous allons avoir une Constitution unique qui impose
à durée illimitée, avec une quasi-impossibilité
structurelle de réforme, un programme politique (qui par
ailleurs est un programme de libéralisation complète
des sociétés, c'est-à-dire de désocialisation
des patrimoines collectifs: liquidation des services publics et
des secteurs économiques publics, rabaissement de la sécurité
sociale à une politique charitable d'aide minimale à
cause de l'étau du Pacte de stabilité,
) élaboré
et institué par la voie diplomatique, donc au-dessus des
peuples européens, en enterrant la procédure du
mandat électif qui institue une constituante.»
En
Belgique, comme dans tous les États membres, cette
nouvelle Constitution prendra ainsi le pas sur l'ancienne sans
que la règle constitutionnelle nationale de modification
de la Constitution ne soit respectée. «Déni
du suffrage universel (imposition à durée illimitée
d'un programme politique, parlements belges rabaissés à
des chambres d'entérinement), déni du fondement
de l'ancien ordre constitutionnel, fondé sur l'exercice
de la souveraineté du peuple qui mandate, à travers
des procédures spéciales, des élus constituants,
dès qu'il s'agit de changer ne fut-ce qu'une virgule à
la Constitution. Or avec le traité constitutionnel européen,
nous changeons à la fois le statut, la nature et le contenu
en entier de la Constitution belge (devenant subordonnée
à une autre, elle ne peut plus être lue et interprétée
de la même manière).»
«En
effet, ce texte ratifié comme un traité ordinaire
aura valeur juridique et symbolique de "Constitution suprême":
non seulement le texte en lui-même sera supérieur
à toutes les Constitutions et lois nationales mais en plus
il impose le fait que tout acte européen contraignant,
comme un règlement ou une décision, soit supérieur
à toute source juridique belge ou internationale y compris
à nouveau, nos Constitutions nationales.»
«Nous
sommes face à une entreprise de restauration d'une structure
de pouvoir plus proche de l'ancien régime que des États
modernes. Les valeurs démocratiques centrales d'indépendance,
de séparation des pouvoirs, de contrôle et de sanction
démocratiques entre les pouvoirs en vue de constituer des
contre-pouvoirs prompts à stopper toute dérive autoritaire
se dissolvent dans ce texte.»
C'est
pourquoi, il et urgent de dire NON à ce projet et il est
urgent d'instaurer un vrai débat démocratique.
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N.B. Les citations sont tirées de l'article
de Corinne Gobin: "Le projet de traité européen
dit constitutionnel: une arme de destruction massive de la démocratie".
Des extraist et des résumés de ce texte sont paru
sous la forme d'une carte blanche dans le quotidien belge Le
Soir, rubrique Forum, p. 15, du 28 avril 2005,
sous le titre choisi par la rédaction du Soir: "Constitution
européenne : une supercherie".
Constitution
Européenne:
l'urgence d'un vrai débat démocratique
Alors
que la Belgique et un bon nombre de pays européens sont
en train d'adopter, sans véritable débat parlementaire
ni citoyen, sauf quelques exceptions, la "Constitution Européenne",
un texte qui tant dans son contenu que dans sa forme consacre
et constitutionnalise le déficit démocratique ayant
marqué la construction européenne depuis ses débuts,
un texte qui pourtant réglementera, sans possibilité
réelle de modification, la vie politique de chaque pays
et de l'Europe toute entière durant plus de trente ans,
Attac-Liège est partie prenante d'une conférence-débat
coorganisée par de très nombreuses associations,
organisations et collectifs.
COMMENT
IMPOSER UN VRAI DÉBAT DÉMOCRATIQUE?
POURQUOI
ET COMMENT DIRE NON A CETTE CONSTITUTION?
Mercredi
18 mai des 19h30
au CPCR (Rue Jonruelle 11-15 - 4000 Liège)
Avec :
-Jean-Maurice Dehousse, ancien député européen
PS, cofondateur du Comité liégeois pour le Non
-Zoé Genot, députée fédérale
ECOLO
-Vicky Goossens, ATTAC Liège
-Ghislain Rompen, secrétaire permanent CGSP Cheminot Liège
-François Schreuer, ancien président de la FEF et
membre du SAEL
-Bernard Wesphael, député wallon Ecolo, auteur de
"Sauver l'Europe, Oser dire NON à la Constitution
européenne"
Le débat sera introduit et modéré par Denis
Horman (SSF et Fondation Lesoil) et Maurice Magis (ACJJ et Journal
du Mardi)
Cette
conférence-débat est coorganisée par ATTAC,
le CADTM, la CGSP, le CPCR, l'Espace Marx Liège, la Fédération
liégeoise du Parti Communiste, la Fondation Léon
Lesoil, Jeunes à Contre Courant/RAGe Liège, La Braise,
le Parti Ouvrier Socialiste, RAP Belgique, Résistance Internationale,
Socialisme sans Frontière le Syndicat Indépendant
des Étudiants Liégeois (SAEL) et la Plate-forme
nationale pour le NON à la constitution (http://www.nonalaconstitutioneuropeenne.be)
Cette liste est ouverte et nous invitons les associations, collectifs
et organisations qui le souhaitent à se joindre à
celle-ci.
Nos coordonnées :
http://www.local.attac.org/liege/
Venez nombreux ! Invitez vos amis et connaissances !
Il en va de votre avenir et celui de vos enfants !
Cliquez
ci-dessous pour télécharger une affiche/tract que
nous vous prions de diffuser très largement
http://attac-ulg.fede-ulg.org/docs/DireNonLiege.pdf
A
transmettre (par téléphone, SMS, bouche à
oreille...), à mettre sur sites-web, blogs, etc.
Le jeudi
19 mai le projet néolibéral de Constitution européenne
sera voté à la Chambre
Lire
sur l'Agenda de la Chambre des représentants: Questions
orales - 15 h
Rassemblement citoyen contre l'adoption du projet de constitution
européenne
JEUDI
19 MAI 18h - MONT DES ARTS (Bruxelles)
Sans
véritable débat public préalable et sans
que la population ait pu mesurer la portée exacte d'une
décision aussi fondamentale, la Chambre des députés
s'apprête à adopter, ce jeudi 19 mai, le projet
de Constitution européenne.
Un
rassemblement citoyen et une action symbolique sont donc organisés,
avec le soutien de la plate-forme www.nonalaconstitutioneuropeenne.be,
le jeudi 19/05 à 18 h. précises à Bruxelles,
en haut du Mont des Arts (près de la Place Royale à
Bruxelles).
Citoyens
et citoyennes, nous entendons manifester symboliquement notre
refus que l'on entérine en notre nom et sans nous avoir
en rien associés aux débats un projet de constitution
qui constitue une grave menace pour les acquis sociaux et démocratiques
des peuples européens.
Rejoignez-nous
pour dire ensemble "Not in our name !"
Contact
: philippe.santini@belgacom.net
NB
: ce sera une action de consternation et de protestation : un
cercueil recouvert d'un drapeau européen et représentant
la mort progressive de notre démocratie et de notre modèle
social sera présent, ainsi qu'une banderole exposant nos
motifs. La presse sera conviée.