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Le Soir - Carte Blanche - 16/05/2006

BAHAR KIMYONGÜR PIÉGÉ, NOS LIBERTÉS EN DANGER

Corinne Gobin, politologue ULB
Christine Pagnoulle, enseignante ULG
Jorge Palma, attaché à l'ULG
Jean-Claude Paye, sociologue
Jean Pestieau, professeur UCL
Annick Stevens, professeure ULG
Dan Van Raemdonck, professeur ULB, Président d'honneur
de la Ligue des droits de l'Homme

Bahar Kimyongür, ressortissant belge, ne peut assister à son procès en appel qui se déroule actuellement à Gand. Il a été arrêté par la police hollandaise la nuit du 27 au 28 avril 2006, alors qu'il se rendait à un concert de musique turque. La justice belge ne le réclame pas et a déclaré qu'il n'est pas nécessaire qu'il assiste à son procès.

Les conditions de son arrestation sont particulièrement inquiétantes. La police néerlandaise affirme que son interception s'est faite lors d'un banal contrôle de circulation pour excès de vitesse. Cependant, l'arrestation a été effectuée par des policiers en civil, voyageant dans deux voitures banalisées et le véhicule de Bahar était, selon des témoins, suivi depuis un moment avant son immobilisation. En contradiction avec le motif déclaré de l'immobilisation du véhicule, le conducteur de la voiture n'a reçu aucun procès. Ce fait, ainsi que l'existence d'une filature et d'une arrestation, de toute vraisemblance, programmées, ne peut que renforcer nos inquiétudes.

Il reste incarcéré aux Pays-Bas. Un mandat d'arrêt international, lancé à son encontre par l'Etat turc, lui a été signifié, au motif qu'il serait membre d'une organisation terroriste. Il est menacé d'extradition vers ce pays. Ce que lui reproche la Turquie est d'être membre du DHKPC et d'avoir interpellé un ministre turc au Parlement européen en 2000 afin de dénoncer les tortures subies par les prisonniers politiques.

Notre pays porte une lourde responsabilité dans cette affaire. Le 28 février dernier, en première instance, un tribunal brugeois a condamné M. Kimyongür à quatre ans de prison ferme comme membre d'une organisation terroriste - en réalité, il avait traduit, diffusé et commenté un communiqué du DHKPC, organisation d'opposition au régime turc -, et pour être membre du bureau d'information bruxellois de ce mouvement. Bahar a directement interjeté appel de ce jugement politique, mais il ne peut assister à son procès, pour s'y défendre, car il est maintenant prisonnier aux Pays-Bas et la justice belge a décidé de ne pas demander son extradition. Ce qui laisse ouverte la possibilité de sa remise à la Turquie par les Pays-Bas (La Belgique ne pouvant, quant à elle, répondre positivement à la demande turque, puisqu'elle ne peut extrader ses ressortissants). Le gouvernement belge, dont l'obligation devrait être d'exiger du gouvernement hollandais le rapatriement de son ressortissant, a adopté jusqu'à présent la même attitude.

Dans cette affaire, un ensemble concordant d'éléments nous font penser à la mise en place programmée d'un piège. La condamnation de Bahar Kimyongür, en première instance, a donné le feu vert à l'action de l'Etat turc. Ensuite, la Belgique, qui avait pourtant déjà connaissance du mandat d'arrêt international, n'a pas prévenu son ressortissant. On peut aussi se poser la question : pourquoi le tribunal de première instance, qui l'a condamné comme un dangereux terroriste, l'a laissé, malgré cela, en liberté, et n'y a apposé aucune condition, comme celle, habituelle, d'interdiction de quitter le territoire ? Dans cette histoire, comment ne pas conclure que rien n'a été laissé au hasard et que, en toute vraisemblance, l'Etat belge aurait sciemment sacrifié un de ses ressortissants, qui risque ainsi son intégrité et sa vie, et ce pour satisfaire les exigences de l'Etat turc ?

Cette affaire est de toute première importance. Elle résume à elle seule la plupart des attaques contre les libertés civiles et politiques que les gouvernements occidentaux ont initiées au nom de la lutte contre le terrorisme. Rappelons l'utilisation de l'incrimination d'appartenance à une organisation terroriste qui, étant donné le flou des définitions des termes, permettrait de punir toute action ou déclaration politique d'opposition à un gouvernement ou à une organisation internationale. Cette incrimination crée un délit d'appartenance. Elle permet de poursuivre des personnes, qui n'ont commis aucun délit matériel, sur le simple fait qu'elles sont membres ou liées à des organisations désignées comme terroristes. Cette notion est très vague, son utilisation est largement déterminée par l'interprétation qui en est faite. Le pouvoir discrétionnaire des juges ainsi que la jurisprudence va donc jouer un rôle essentiel. Il s'agit là d'un des premiers enjeux de ce procès, établir, par ce jugement, une jurisprudence qui permette une utilisation directement politique de ces lois.

En désignant d'avance, aussi bien en première instance qu'en appel, le magistrat devant juger Bahar, la justice a installé un tribunal d'exception qui remet en cause le droit à un procès équitable.

" L'enlèvement " de Bahar Kimyongür est indicatif également d'une collaboration étroite entre appareils policiers et judiciaires de différents pays, en violation de leur propre légalité et en application de nouvelles lois et procédures d'exception, afin de satisfaire les exigences d'un Etat qui pratique la torture et l'assassinat politique, mais qui est correctement aligné au niveau international.

Ainsi, le régime turc ne peut être que conforté dans sa politique répressive. Malgré son caractère ouvertement autoritaire, il reçoit ainsi une légitimation politique qui le reconnaît comme un Etat démocratique.

Heureusement, cette collaboration n'est cependant pas du goût de tous nos représentants politiques. Le mercredi 10 mai, plusieurs parlementaires européens, en protestant contre une utilisation liberticide des législations antiterroristes, ont, dans l'enceinte de leur assemblée, interpellé le gouvernement belge pour qu'il intervienne afin de protéger son ressortissant et qu'il empêche ainsi la remise de Bahar Kimyongür à la Turquie.

Pour plus de renseignements : http://www.leclea.be/

 

16/05/2006 :
L'Université de Liège ne figure toujours pas parmi les signataires de la Magna Charta des Universités!
L'Observatoire de la Magna Charta Universitatum invite pourtant toutes les universités à le faire

Conférence / débat à l'Université de Liège :
«Midnight Express
pour Bahar ?»

Les conséquences inquiétantes des nouvelles lois anti-terroristes
Le 18 mai à 19h30
(XX Août - Salle Wittert - Rez de chaussée)
Lire

Affaire Bahar Kimyongür :
Vers un Etat d'exception permanent?
Les menaces pour l'État de droit
constituées par les nouvelles lois "antiterroristes" en Europe

Clea
Un "comité pour la liberté d'expression et d'association" (CLEA) s'est constitué à Bruxelles à la suite du procès politique à l'encontre du citoyen belge Bahar Kimyongür, condamné en première instance à quatre ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bruges en vertu de ses prises de position publiques à propos des violations des droits de l'Homme en Turquie.

La situation est urgente car la Turquie réclame l'extradition de Monsieur Kimyongür. En grève de la faim depuis son enlèvement en Hollande par des hommes en civil des appareils policiers hollandais la nuit du 27 avril 2006, il risque d'être livré aux mêmes tortionnaires qu'il ne cesse de dénoncer depuis dix ans. Et compte tenu des méthodes pratiquées par les appareils répressifs turcs, sa vie même est menacée.
Plus d'informations sur le site du CLEA

Un dossier "Affaire Kimyongür" est consultable aussi sur le site "mouvements.be".

Clea-Liège
Une structure locale du CLEA est en train de voir le jour à Liège. Si vous voulez intégrer ou soutenir le CLEA-Liège, vous pouvez écrire à :<
jean_claude.paye@teledisnet.be> ou vous abonner à la liste de diffusion "clea-liège".

Une page liégeoise est consultable sur le site du Clea :   Clea-Liège

Si vous voulez vous abonner à la liste de discussion du CLEA au niveau fédéral, cliquez sur le lien
Clea - liste de diffusion

Pétition en ligne
Où que vous habitiez au monde, nous vous invitons à signer la pétion pour la libération de Bahar Kimyongür en cliquant sur le lien :  Pétition Bahar
(Disponible en plusieurs langues).

Libérez la jurnaliste kurde Zübeyde Ersöz
Nous vous invitons aussi à signer la pétition pour la libération de la jurnaliste kurde Zübeyde Ersöz détenue arbitrairement au Grand Duché du Luxembourg depuis le 15 février pour des raisons analogues à celles dont Monsieur Bahar Kimyongür est la victime.
Cliquez sur le lien : Petitiononline


Politique d'État de maltraitance d'enfants en Belgique :
Anar (7 ans), Leila (5 ans), Liliane (11 ans)... sont-ils coupables ?
Une pétition de la Ligue des Familles à signer ici


Des enfants en centres fermés ? Nous disons «NON» !
Vendredi 21, paraissait dans la presse unepétition contre la détention des
enfants en centres fermés. Elle est signée par 100 personnalités Belges. Maintenant, il faut un maximum de signataires à cet appel.
Vous pouvez la signer sur le site du CIRE

Banalisation des mesures d'exception
Loi "anti-terroriste" digne d'une dictature et, maintenant, politique d'État de maltraitance d'enfants..., la Belgique perd très vite des conditions essentielles d'un régime démoctatique!


Photo RTBF - Liège

RTBF - "La Première", 30/01/2006:
2500 "non" aux prisons pour enfants

30/01/2006:
Le réportage de RTC Télé-Liège
(vidéo)

29/01/2006
2500 manifestants ont crié NON à l'innacceptable! NON à l'encarcération d'enfants étrangers!
Photos sur le site d'Indymedia-Liège
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, découvrant l'horreur des camps de concentration, beaucoup de gens ont dit: «Nous ne savions pas...» Aujourd'hui, nous ne pouvons pas dire la même chose, car NOUS SAVONS que des étrangers qui n'ont commis aucun délit sont emprisonnés en Belgique, dans ce que les autorités veulent pudiquement appeler des "Centres fermés". Il y en a notamment un à Vottem. Les détenus, qui ont généralement fui des situations traumatisantes, y sont soumis à des conditions de détention très
pénibles. C'est inacceptable! Et en plus, aujourd'hui, les autorités s'apprêtent multiplier le nombre de FAMILLES détenues. C'est-à-dire qu'il vont augmenter le nombre d'ENFANTS DÉTENUS.
Laisserons-nous faire?
Pour dire NON, 2500 citoyens ont manifesté ce dimanche 29/01/2006 devant le camp pour étrangers de Vottem. La manifestation s'est clôturée par une action
symbolique : les participants
ont accroché des peluches aux grilles du camp.

28/01/2006:
La maltraitance d'enfants comme politique d'État



Déclaration d'Amnesty International Belgique Francophone
Un projet de loi "antiterroriste" hâtif et liberticide

Nouveau livre d'Attac France

Conférence-Débat à Liège
Constitution Européenne:
l'urgence d'un vrai débat démocratique

Des milliers de journalistes et travailleurs de la presse dénoncent l'absence d'équité et les manœuvres manipulatrices de la presse officielle et des groupes de presse en France

Vidéo: L'Europe malTRAITÉe
Un film-documentaire de Suzanne Körösi et de Cécile Proust.
30 minutes pour décrypter le projet de Constitution européenne.
Intervenants du film : Bernard Cassen, Susan George, Raoul-Marc Jennar et Yves Salesse. Ils sont tous spécialistes de la construction européenne, pro-européens, et néanmoins engagés dans la campagne pour le NON.

En cas de difficulté pour lancer le vidéo cliquez ici

Attac-France

non alaconstitution europeenne.be

Attac-Liège : NON à la Constitution Européenne !

Réflexions d'un citoyen à propos de la Constitution européenne
«Il y a six mois, en septembre 2004, j’étais, comme tout le monde, favorable à ce texte, sans l’avoir lu, par principe, "pour avancer"...»

Le forum du syndicat étudiant SAEL

Le Monde Diplomatique : L’Europe dans la tourmente

Sur le site de la Fondation Copernic (appel des 200

Google: la Constitution Européenne

Enquête :
La Consultation Européenne organise une importante enquête.
Merci de vous donner le temps d'y participer


«Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose...»
Joseph Gœbbels, ministre de la propagande de Hitler

Lire:

Les mensonges des tenants du "OUI"

Référendum français : La grande manipulation est déjà dans la question

Une régression démocratique
Corinne Gobin, politologue à l'ULB, dit NON à la Constitution néolibérale et dénonce l'attentat à la démocratie représenté par ce traité dont même le titre relève d'une "supercherie"

Raoul-Marc Jennar :
L'AGCS, Bolkestein et le traité constitutionnel européen

Carte Blanche d'Attac Wallonie Bruxelles :
Belgique : Vers une ratifiaction sans aucun débat démocratique ni médiatique

Non à une Europe du fric Un dossier réalisé par Le Grand Soir

Dossier en cours d'«ACRIMED» :

Observatoire Français des Médias (OFM) :