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11 septembre, à la Cour d'appel de Gand, aura lieu le procès
en appel de neuf personnes proches du DHKPC, parti d'opposition au
gouvernement turc. Parmi eux, un ressortissant belge, Bahar Kimyongür
a été condamné, le 28 février, à
4 ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste
alors qu'il n'a commis aucun délit matériel. Il s'agit
d'une des premières applications d'une des lois des plus liberticides
de notre pays, celle relative à l'organisation terroriste.
Ce procès nous concerne tous. Il engage l'avenir de nos libertés.
Depuis
quelques années, en Belgique comme partout dans le monde,
on assiste à une attaque frontale contre les libertés
privées et publiques. Cette offensive précède
les attentats du 11 septembre 2001. En Belgique, les changements
ont commencé à s'inscrire dans le droit dès
1998 par le biais de la loi sur les organisations criminelles. Cette
loi met déjà en place un délit d'appartenance,
elle permet de poursuivre des personnes qui n'ont commis aucun délit
matériel, mais simplement parce qu'ils font partie de l'organisation
poursuivie. Cette loi a déjà été utilisée
dans la poursuite de mouvements altermondialistes. Au nom de la
lutte antiterroriste, les choses vont s'accélérer.
La Belgique va intégrer deux décisions-cadre européennes
particulièrement liberticides, la loi relative à l'organisation
terroriste et celle relative au mandat d'arrêt européen.
La loi antiterroriste, comme la loi relative à l'organisation
criminelle, crée un délit d'appartenance. Elle permet
en plus au pouvoir de s'attaquer directement aux mouvements sociaux.
Ce qui spécifie un acte comme terroriste est qu'il est commis
dans l'intention de faire pression sur un gouvernement ou une organisation
internationale. Le fait d'occuper une administration ou un moyen
de transport collectif est ainsi directement considéré
comme un acte terroriste. Une deuxième extension par rapport
à la loi sur les organisations criminelles consiste dans
le fait qu'elle va permettre de généraliser des procédures
d'exception à tous les stades de la procédure pénale,
de l'enquête policière à la détention.
La première loi permettait seulement d'installer une procédure
d'exception au niveau de l'enquête policière. Elle
légalisait l'enquête "proactive", l'enquête
policière qui peut avoir lieu sans la constatation d'une
infraction.
Depuis lors, les procédures d'exception au niveau de l'enquête
se sont fortement multipliées par le biais de la loi sur
les méthodes particulières d'enquête de 2003
qui légalise les techniques les plus intrusives. De plus,
les droits de la défense n'existent plus. On n'a plus la
faculté de contester les "preuves" car elles peuvent
rester secrètes. Le juge de fond peut aussi vous condamner
sans avoir accès à celles-ci. Cette loi est tellement
liberticide qu'elle a été remise en cause par la Cour
d'arbitrage, si bien que le gouvernement a dû remettre le
couvert et la faire voter de nouveau fin 2005 dans le cadre de la
lutte antiterroriste.
Les lois antiterroristes sont très vagues. Elles dépendent
de l'interprétation qui en est faite. La jurisprudence va
donc jouer un rôle primordial. L'enjeu fondamental du procès,
qui est fait à des personnes liées au DHKPC et dont
la procédure d'appel va débuter le 11 septembre à
Gand, est de créer une jurisprudence permettant de criminaliser
toute solidarité vis à vis d'une organisation désignée
comme terroriste. Les personnes emprisonnées sont aussi soumises
à des conditions de détention exceptionnelles, tels
l'isolement, l'empêchement du sommeil et les fouilles anales
systématiques. Toutes ces mesures sont prises parce ces détenus
sont désignés comme terroristes. Cette labellisation
justifie toute violation des droits humains les plus élémentaires.
Tout
porte à croire que, comme dans l'instruction et dans l'organisation
du procès de première instance (le juge d'instruction
avait été neutralisé et le juge du fond spécialement
désigné), l'indépendance de la justice ne sera
pas respectée. Il s'agit d'un procès organisé
pour obtenir un résultat politique déterminé :
la possibilité de condamner toute personne solidaire d'une
organisation politique diabolisée par le pouvoir.
La
mobilisation citoyenne reste donc essentielle.
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Six heures pour nos libertés
(CLEA)
Le samedi 9 septembre, de 17 à 23 heures, à
la salle Dupréel (Institut de sociologie de l'ULB),
le CLEA vous invite aux « SIX HEURES POUR NOS LIBERTÉS
», un événement traversé par les
interventions de très nombreuses personnalités
du monde politique, syndical, judiciaire, journalistique et
par les prestations exceptionnelles dartistes de tous
horizons (...)
Lire
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Affaire Bahar Kimyongür :
Vers un Etat d'exception permanent?
Les
menaces pour l'État de droit constituées
par les nouvelles lois "antiterroristes" en Europe
Lire :
Bahar Kimyongür
piégé, nos libertés en danger
Le Soir - Carte blanche - 16/05/2006
Clea
Un "comité pour la liberté d'expression et d'association"
(CLEA) s'est constitué à Bruxelles à la suite
du procès politique à l'encontre du citoyen belge
Bahar Kimyongür, condamné en première instance
à quatre ans de prison ferme par le tribunal correctionnel
de Bruges en vertu de ses prises de position publiques à
propos des violations des droits de l'Homme en Turquie.
La
situation est urgente car la Turquie réclame l'extradition
de Monsieur Kimyongür. En grève de la faim depuis son
enlèvement en Hollande par des hommes en civil des appareils
policiers hollandais la nuit du 27 avril 2006, il risque d'être
livré aux mêmes tortionnaires qu'il ne cesse de dénoncer
depuis dix ans. Et compte tenu des méthodes pratiquées
par les appareils répressifs turcs, sa vie même est
menacée.
Plus d'informations sur le site du CLEA
Un dossier "Affaire Kimyongür" est consultable
aussi sur le site "mouvements.be".
Clea-Liège
Une structure locale du CLEA est en train de voir le jour à
Liège. Si vous voulez intégrer ou soutenir le CLEA-Liège,
vous pouvez écrire à jean_claude.paye@teledisnet.be
ou vous abonner à la liste de diffusion "clea-liège".
Une page liégeoise est consultable sur le site du Clea :
Clea-Liège
Si
vous voulez vous abonner à la liste de discussion du CLEA
au niveau fédéral, cliquez sur le lien
Clea
- liste de diffusion
Pétition
en ligne
Où que vous habitiez au monde, nous vous invitons à
signer la pétion pour la libération de Bahar Kimyongür
en cliquant sur le lien : Pétition
Bahar
(Disponible en plusieurs langues).
Absence.mp3
Libérez
la jurnaliste kurde Zübeyde Ersöz
Nous vous invitons aussi à signer la pétition pour
la libération de la jurnaliste kurde Zübeyde Ersöz
détenue arbitrairement au Grand Duché du Luxembourg
depuis le 15 février pour des raisons analogues à
celles dont Monsieur Bahar Kimyongür est la victime.
Cliquez sur le lien : Petitiononline
Un
couple belge dans l'enfer de la lutte antiterroriste
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