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Occupation de l'église «Notre-Dame des Lumières» à Glain par les sans papiers liégeois à l'initiative de l'UDEP

Appel à la solidarité

Depuis ce vendredi 21 avril, l'église Notre-Dame des Lumières à Glain (Liège) est occupée par les sans papiers liégeois à l'initiative de l'UDEP, Union de défense des sans papiers, en accord avec le responsable de la paroisse.

Plusieurs centaines de sans papiers participent à cette action. Chaque jour ils seront nombreux à être là présents pour obtenir une régularisation sur des critères clairs et permanents. De nuit, au moins une trentaine de personnes assureront l'occupation en rotation.

Cette occupation est un début à Liège et d'autres lieux sont recherchés. Des actions seront aussi planifiées afin de sensibiliser la population et bien sûr d'infléchir la politique gouvernementale.

Aujourd'hui le gouvernement propose une nouvelle procédure d'asile, plus rapide et avec un recours réel ( du positif , mais il faut le dire du négatif, aussi pour expulser plus vite !), mais choisit d'ignorer les propositions de loi sur la régularisation... Jusqu'à quand? Jusqu'aux élections de 2007? Peut-être qu'il faudra se battre jusque là, mais les sans papiers ne peuvent attendre et de multiples actions sont nécessaires pour que ce débat vienne au parlement en urgence suite aux propositions de loi déposées (ECOLO, PS, CDH).

Une première réunion d'un comité de soutien a eu lieu ce vendredi soir en urgence. Etaient présents des représentants de la FGTB et de la CSC, du MOC, d'Ecolo et du CDH, d'Euromayday, du Cracpe et de Point d'Appui.
Nous vous invitons à une prochaine réunion le mercredi 26 avril à 19 heures à l'église afin de constituer un comité le plus large possible pour organiser la sensibilisation à Liège et soutenir l'occupation, et envisager de l'étendre à d'autres lieux.

Dans l'immédiat, chaque visite de solidarité est bienvenue à l'église: Eglise Notre-dame des Lumières, Glain. On y accède à pied en montant au-delà de Sainte-Marguerite, en bus 88-82-83- de la Place St Lambert, en voiture... dépasser la clinique Notre Dame des Anges et un peu plus haut après le passage en -dessous du pont de l'autoroute, entrer par le 193 ou 193 A rue Emile Vandervelde.

Nous vous transmettons les besoins tels que la commission logistique de l'UDEP les a formulés :

* Besoins immédiats prioritaires: matelas (urgence!), couvertures et coussins , il n' y a pour l'instant que quelques matelas et des couvertures; également besoin de paravents pour cloisonner le local

* Autres besoins en matériel:
essuie-tout, papier toilettes, savon de toilette, détergent lessive, détergent vaisselle, balais, eau javel, déodorants, vaisselle et couverts jetables, vaisselle "en dur", gobelets jetables, jouets pour enfants, cahiers, bics et crayons, enveloppes pour courrier

* Nourriture:
des démarches sont en cours pour tenter d'obtenir des aides via différentes stuctures et associations, mais voici la liste des demandes des occupants:
lait, sucre, café, cacao, thé, mayonnaise, beurre, sardines, oeufs, tomates pelées en boîte, huile d'arachide, épices, sel, oignons, pommes de terre, riz, pâtes, farine de blé (semoule) , viande de boeuf, poulet , fruits frais, haricots, eaux et jus de fruits.

Appel aussi aux propriétaires de véhicules qui peuvent donner leurs coordonnées en cas de besoin.

Pour rappel, le numéro de compte de l'UDEP Liège est le : 778-5963051-31, il est bien utile d'y verser pour permettre l'achat de produits frais quotidiens et tout ce qui concerne la poursuite de l'action.

France Arents (CRACPE)

Liège, 23/04/2006

Lire aussi, sur le site de l'UDEP

Politique d'État de maltraitance d'enfants en Belgique :
Anar (7 ans), Leila (5 ans), Liliane (11 ans)... sont-ils coupables ?
Une pétition de la Ligue des Familles à signer ici

Des enfants en centres fermés ? nous disons «NON» !
Vendredi 21, paraissait dans la presse unepétition contre la détention des
enfants en centres fermés. Elle est signée par 100 personnalités Belges. Maintenant, il faut un maximum de signataires à cet appel.
Vous pouvez la signer sur le site du CIRE


Liège :
Décès du conseiller communal ECOLO qui avait présenté la motion condamnant l'enferment d'enfants à Vottem
Attac fait sien l'hommage de ses camarades ainsi que les manifestations de tristesse et de sympathie de ses amis.
L'hommage d'ECOLO
À propos de sa motion contre l'enfermement d'enfants


CRACPE - Communiqué de presse :
Familles incarcérées á Vottem : des situations inacceptables !

Depuis le mercredi 22 mars, suite à la décision du Ministre de l’Intérieur, Patrick Dewael, avec l’accord au moins tacite du gouvernement fédéral, des enfants et des familles sont détenues au centre fermé pour étrangers de Vottem.

A l’heure où les sans papiers multiplient les occupations de lieux religieux et civils, pour dire leurs souffrances et revendiquer l’égalité des droits, le gouvernement intensifie une politique restrictive en matière d’asile et d’immigration. Alors même qu’une discussion est planifiée au parlement sur une nouvelle politique d’asile.

A Vottem, l’ «aile bleue» réservée aux familles et aux enfants tourne à plein rendement, machine à briser les vies. La semaine passée s’y trouvaient détenus 3 hommes, 11 femmes et 15 enfants. Un famille a été libérée ce lundi. Parmi ces enfants un bébé de 6 mois souffrant de problèmes cardiaques, et une majorité d’enfants scolarisés qui voient ainsi leur année scolaire compromise à deux mois des examens…

Des enfants qui, lors des heures de préau, butent avec leur petit vélo contre les grillages… une jeune fille qui nous écrit : « Ici nous sommes tous déboussolés. Je ne sais même pas quelle date on est. C’est une prison, et non pas un centre fermé, je pense qu’il n’y a pas de différence. C’est une prison pour les Innocents qui cherchaient un peu de liberté, de stabilité en arrivant en Belgique.

On a l’impression que la vie s’est arrêtée. (…) La grande dépression règne ici. Tout le monde s’interroge sur ce qu’il va lui arriver sans toutefois faire de projets.

Comment peut-on vivre sans rêves ? Eh bien, on ne vit pas, on vivote. (…) »

Certains de ces adolescents refusent même parfois de manger, tant leur détresse est grande.

Nous constatons et observons dans les faits, par ce que nous voyons, entendons, que la Convention Internationale des Droits de l’Enfant est bafouée, non seulement par la détention d’enfants, mais parce qu’il s’agit de véritable maltraitance, de traitements cruels et inhumains…

Le 29 janvier, 2500 personnes ont manifesté à Vottem contre l’enfermement des enfants et des familles. Elles provenaient d’une centaine de collectifs, associations, mouvements ; des écoles, du fondamental à l’enseignement supérieur, ont participé ; des députés étaient présents…Plusieurs prises de position politiques (ECOLO, CDH, PS, conseils communaux unanimes de Liège et d’Herstal, conseil provincial) ont été adoptées contre l’ouverture de nouvelles sections pour familles et enfants dans les centres fermés de Vottem et de Merksplas. Le Barreau de Liège a également marqué son opposition. Nous ne comprenons pas que le Ministre et son gouvernement se bouchent les oreilles et ignorent l’expression démocratique d’un vaste courant d’opposition à la détention des enfants. Les familles concernées le comprennent encore moins, elles qui ont souvent fui des régimes autoritaires pour l’ « Europe des Droits de l’Homme »…

La plupart de ces familles vivent depuis de longues années en Belgique dans l’attente d’une réponse à une demande de régularisation (article 9.3) ou d’une réponse à un recours au Conseil d’Etat suite à un refus de la demande d’asile. Les enfants sont assis à côté des nôtres sur les bancs de l’école ; ils s’expriment dans une des trois langues nationales ; ils sont nés ici pour certains… Ces familles « illégales » connaissent la précarité, l’absence de droits sociaux, la surexploitation si les parents sont employés clandestinement.

Pour nous, face à cette insécurité d’existence, à cette non- reconnaissance, à la détention et aux expulsions de ces familles, il y a urgence. Nous réclamons l’ouverture immédiate du débat sur les propositions de loi relatives à la régularisation.

Vous pouvez nous contacter pour toute demande d’information.

Maître Zaverio MAGLIONI, conseil de plusieurs familles, est également à votre disposition pour tous renseignements complémentaires notamment sur la position du Barreau de Liège : 04. 252 49 43.

pour les organisateurs de la manifestation du 29 janvier : CRACPE, asbl Point d'Appui, FGTB et CSC Liège- Huy-Waremme, CRIPEL

France Arets

COLLECTIF DE RESISTANCE AUX CENTRES POUR ETRANGERS (C.R.A.C.P.E.) B.P.165 Liège 2 4020 Liège
Permanence téléphonique: 04. 232 01 04 de lundi à samedi 17H- 18H30.
Fax : 04.222 27 74
Adresse e-mail : cracpe@skynet.be
Contact gsm concernant ce communiqué: France Arets 0497 54 24 33



Camp de Vottem - 25/03/2006 :
Plus de 500 Liégeois ont dit non à l'inacceptable !

Plus de 500 Liégeois ont marqué avec force ce samedi 25/03/2006 leur refus à l'enfermement d'enfants dans les camps pour étrangers en Belgique. Parmi les manifestants, le Bourgmestre de Liège.

Attac-Liège avait soutenu sans réserve cette activité et appellé ses membres, sympathisants et amis a s'y participer !
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Galerie de photos


La maltraitance d'enfants comme politique d'État :
Camp de Vottem : Notre "démocratie" y incarcère des enfants depuis le 22 mars !

Le CRACPE appelle à manifester devant le camp ce samedi 25 mars à 16 heures

«Trois familles d'origine africaine sont bien arrivées à Vottem à 14h30 en provenance du 127 bis, un couple et deux enfants, une dame ghanéenne et un enfant en bas âge et une autre dame et son enfant. Deux parlementaires Ecolo et un CdH ont pu entrer dans camp de la honte. La RTBF et RTL étaient présentes. Le Bourgmestre d'Herstal est passé et nos militants présents lui ont demandé l'autorisation pour la manifestation de samedi.
Rappel : Manif devant le centre fermé de Vottem ce samedi 25 mars à 16 heures.
SVP faites suivre l'info à vos listes, merci. Jacques CHEVALIER - CRACPE-Liège - http://www.cracpe.tk - 0476/479388 24 h sur 24».

Nous faisons nôtre l'appel du CRACPE et vous invitons à y participer nombreux !

Plus d'infos sur le site d'Attac-Liège


Près de 10000 manifestants le samedi 25/02 à Bruxelles pour exprimer leur solidarité envers les sans-papiers
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Photo: "A contre courant"


Photo: "A contre courant"


Photo: "Attac-ULg"


Photo: "Attac-ULg"


Photo: "Attac-ULg"


Photo: "Attac-ULg"


Photo: "A contre courant"


Libertés démoctratiques :
Qui surveillera les surveillants ?
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Mohamed expulsé !
La treizième tentative d'expulsion a finalement réussi: l'office des étrangers a rapatrié de force Mohammed SAIDINI, un jeune algérien détenu jusqu'ici au centre fermé de VOTTEM. Cet homme est soupçonné de "mariage blanc". Mais sa femme, de nationalité belge, se bat à ses côtés, bec et ongles. Un comité de soutien s'est constitué en région liégeoise. Selon ses amis, cette déportation s'est accompagnée de violences, et peut-être de corruptions.

Michel Gretry - RTBF - La Première - Journal Parlé - 21/11/2005.

Voici trois ans, cet algérien a épousé une jeune anversoise, de nationalité belge, mais originaire de son pays. L'officier de l'état civil a soupçonné un mariage blanc, et les noces n'ont donc pas été officialisées. Depuis, l'intéressé est en séjour illégal. Pendant de longs mois, il a résisté à toutes les tentatives d'expulsion sous escorte.

La treizième opération a été fatale: il a été renvoyé de l'autre côté de la méditerrannée, dans des conditions rocambolesques. Il a d'abord été isolé deux jours, sans que la moindre nouvelle ne soit donnée ni à ses proches, ni à son avocat. Il a été battu, frappé au visage et aux côtes, baillonné, et embarqué à destination d'un aéroport milanais. Il a rejoint un "transfert collectif", une douzaine de ses compatriotes, mis à la porte de diverses contrées européennes. Il a vu un policier belge remettre une liasse de billets à ses confrères transalpins, et au pilote de l'avion. Il n'est donc pas exclu que de curieuses méthodes de financements aient permis à l'office des étrangers d'atteindre ses objectifs..

C'est du moins l'analyse du comité de soutien, qui a pu rentrer en contact téléphonique avec l'intéressé. Ce groupe a hésité plusieurs jours avant de divulguer ces informations: la sécurité du jeune homme n'est pas assurée, et il se cache des forces de l'ordre. Sa femme, et quelques amis, pourraient prochainement tenter un voyage en terre algérienne.


Nadia et Mohamed : Quand l'amour reste la seule ressource pour faire face à une Justice qui veut, pour l'exemple, briser à tout prix une union

L'hospitalité est une valeur très présente dans la culture maghrébine. Ainsi, quand la mère de Nadia eut appris que Mohamed, un jeune algérien qui avait quitté son pays pour échapper à la misère et à la mort qui y rode partout, déprimait seul et sans moyens à Anvers, elle n'a pu faire autrement que de l'accueillir dans la maison familiale. Pour Nadia, l'aînée de ses filles, née en Belgique et de nationalité belge, ce fut tout de suite le "coup de foudre". Elle comprendrait très vite que Mohamed partageait les mêmes sentiments. Une expérience affective douloureuse avait appris à Nadia à distinguer l'approche intéressée des vrais sentiments et quelques mois plus tard ils consacraient leur union devant la seule instance possible, car Mohamed n'avait pas de papiers, mais la seule qui compte vraiment pour les Musulmans : l'autorité religieuse. À la maison, un temps de bonheur était ouvert avec l'arrivée de Mohamed, accepté dès le départ comme un nouveau fils et adoré par la petite sœur, de 9 ans, de Nadia. Mais ce bonheur serait brisé le jour où Mohamed fut incarcéré dans la prison pour sans papiers de Merksplas. Depuis lors une période de souffrances indicibles affecte cette famille unie et accueillante.
Pour Nadia ce fut, à 24 ans, le début d'un interminable calvaire dans lequel les déplacements quotidiens à Merksplas pour rendre visite à son mari sont le moindre des soucis à côté des insultes et menaces qu'elle a reçues de la part de gardiens et policiers. Mais elle nous confiera que la souffrance la plus grande qu'elle a dû et continue à endurer découle de l'attitude invariable de la Justice et de certains responsables politiques d'ignorer systématiquement le principe de présomption d'innocence car il faut absolument, pour que leur cas soit exemplaire, qu'elle et Mohamed soient coupables de...

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Contact et informations : CRACPE

N.B. Un cas d'école. Si tu es étudiant en Droit, merci de suivre cette affaire et nous faire part de tes impressions. Elle a des chances de devenir "un cas d'école" de procès non équitable !


Grève de la faim à la prison pour sans papiers de Vottem (nom euphémistique : "Centre fermé")
CRACPE
Sémira 2005
Signez pour la fermeture immédiate des "centres fermés"
Quand des chrétiens se rappelent de leurs principes... se font taper sur les doigts par les "pharisiens" des temps modernes

« (...) Par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques –élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu’ils étaient au bon vieux temps, la démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions radiodiffusées et de tous les éditoriaux mais (...) l’oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera. »
Aldous Huxley - Retour au meilleur des mondes - 1959
 

Banalisation des mesures d'exception
Loi "anti-terroriste" digne d'une dictature et, maintenant, politique d'État de maltraitance d'enfants..., la Belgique perd très vite des conditions essentielles d'un régime démoctatique!


Photo RTBF - Liège

RTBF - "La Première", 30/01/2006:
2500 "non" aux prisons pour enfants

30/01/2006:
Le réportage de RTC Télé-Liège
(vidéo)

29/01/2006
2500 manifestants ont crié NON à l'innacceptable! NON à l'encarcération d'enfants étrangers!
Photos sur le site d'Indymedia-Liège
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, découvrant l'horreur des camps de concentration, beaucoup de gens ont dit: «Nous ne savions pas...» Aujourd'hui, nous ne pouvons pas dire la même chose, car NOUS SAVONS que des étrangers qui n'ont commis aucun délit sont emprisonnés en Belgique, dans ce que les autorités veulent pudiquement appeler des "Centres fermés". Il y en a notamment un à Vottem. Les détenus, qui ont généralement fui des situations traumatisantes, y sont soumis à des conditions de détention très
pénibles. C'est inacceptable! Et en plus, aujourd'hui, les autorités s'apprêtent multiplier le nombre de FAMILLES détenues. C'est-à-dire qu'il vont augmenter le nombre d'ENFANTS DÉTENUS.
Laisserons-nous faire?
Pour dire NON, 2500 citoyens ont manifesté ce dimanche 29/01/2006 devant le camp pour étrangers de Vottem. La manifestation s'est clôturée par une action
symbolique : les participants
ont accroché des peluches aux grilles du camp.

28/01/2006:
La maltraitance d'enfants comme politique d'État


Déclatation de la Ligue Belge des Droits de l'Homme
Méthodes particulières d’enquête : Une loi dangereuse pour les droits fondamentaux

Déclaration d'Amnesty International Belgique Francophone
Un projet de loi "antiterroriste" hâtif et liberticide


Le patronat et la droite s'attaquent au droit de grève
Le déni de grève : une dangereuse rupture entre médias, élites et démocratie
(Mateo Alaluf, sociologue à l'ULB; Jean Faniel, politicologue à l'ULB; Corinne Gobin, politicologue à l'ULB; Marcelle Stroobants, sociologue à l'ULB)

La Fondation Hayek s'attaque au droit de grève

«Ma préférence personnelle s'incline vers une dictature libérale et non vers un gouvernement démocratique dans lequel tout libéralisme serait absent.»
Friedrich Von Hayek, «El Mercurio» de Santiago, 12/04/1981

Les disciples de Friedrich von Hayek lancent une pétition s'attaquant à un aspect essentiel du droit de grève.
De qui sont-ils les héritiers intellectuels et politiques?
Friedrich Von Hayek, opposant virulent de la théorie keynesienne» avait été le maître direct, à l’Université de Chicago où il enseigna jusqu'en 1962, de plusieurs de ces économistes et ingénieurs commerciaux de l’Universté Catholique de Santiago venus y faire leurs doctorats grâce à cette convention de coopération signée par les deux universités en 1956. Friedrich Von Hayek non seulement a eu une très grand influence, avec Milton Friedman, dans la formation des «Chicago Boys» chiliens, mais est signalé par plusieurs politologues chiliens comme l’un des inspirateurs théoriques, avec son concept d’État minimal, de l’idée de «démocratie protégée» cristallisée dans la Constitution pinochettiste de 1980.
Le programme «politique» de Von Hayek est exposé dans son ouvrage Constitution de la liberté (1960) : déréglementer, privatiser, diminuer les programmes contre le chômage, supprimer les subventions au logement et les contrôles des loyers, réduire les dépenses de la sécurité sociale, et enfin limiter le pouvoir syndical. L’État n’a pas le droit d’assurer la redistribution, surtout en fonction d’un quelconque critère de «justice sociale». Son rôle est réduit à la fourniture d’un cadre juridique garantissant les règles élémentaires de l’échange. En 1976, il va jusqu’à proposer la dénationalisation de la monnaie, c’est-à-dire de privatiser les banques centrales nationales pour soumettre la création monétaire aux mécanismes du marché.
Friedrich Von Hayek avait été le fondateur et premier président en 1947 de la «Société du Mont Pèlerin», précurseur des "Think Tanks" anglo-saxons, au sein duquel seraient définies les politiques de dérégulation financière et de libre échange qui deviendraient si influentes plus tard. L'une des rencontres interaméricaines de la Sociéte du Mont Pèlerin, avec la présence de von Hayek, a eu lieu, durant la dictature de Pinochet, à Viña del Mar, Chili, en 1981. Rien que les noms de ses présidents, depuis sa création, disent beaucoup sur les liens tissés autour de cette société qui a compté parmi ses membres des personnalités tels que Milton Friedman et Margaret Thatcher, deux grands amis des «Chicago Boys».
Durant sa visite au Chili, von Hayek avait déclaré à "El Mercurio", un journal chilien proche de la dictature : «Je pense, d'après ce que j'ai pu observer, que parler d'un miracle économique chilien n'est pas une exagération. Le progrès de ces années a été énorme. (...) Il faut arrêter entièrement l'inflation et éviter tout type de contrôle des prix ou de privilèges syndicaux».
Et d'ajouter, réitérant en les nuançant les termes d'une déclaration faite quatre jours auparavant au même journal : «Je préférerais sacrifier temporairement, je répète, temporairement, la démocratie plutôt que de devoir manquer de la liberté (économique)», pour s'attaquer après aux attributions des chambres des représentants : «À l'heure actuelle, l'autorité législative est devenue toute-puissante. Nous n'avons plus de séparation des pouvoirs, parce que le Parlement n'a pas seulement d'attributions législatives, mais a de plus la faculté d'administrer et dans ce processus il dispose d'un grand pouvoir discrétionnaire.»

Lire : J. Palma: Constitution Européenne : vers un régime post-démocratique en Europe ?
Lire aussi : Dorval Brunelle, professeur à l'UQAM : Hayek et Pinochet: Ultra-libéralisme et terreur politique.


Constitution européenne

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